WEST COAST, YEMEN

WEST COAST, YÉMEN
par
Eymeric Laurent-Gascoin

 

Alors que la population de la côte ouest du Yémen (plaine côtière désertique de la mer Rouge) a toujours connu des conditions de vie austères, une vaste offensive de la coalition contre les Houthis a été menée sur cette région depuis décembre 2017…
Plusieurs groupes ont pris part à l’offensive : les brigades des géants (Amaliqa brigades menées par Abdulrahman Zaraa Mahrami et regroupant 20 à 25,000 hommes), La Forces Nationale de Résistance (aussi connu sous le nom des Gardiens de la République menée par Tareq Saleh, le neveu de l’ancien président regroupant de 9 à 10,000 hommes), et la Résistance Tihama* (menée par Ahmed Al Kawkabani regroupant environ 4,000 hommes). Ils sont soutenus par la coalition (dirigé par l’Arabie Saoudite et comprenant les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, l’Egypte, le Maroc, le Soudan…) et localement principalement par les Emiratis et l’armée Soudanaise.
Ces groupes armés qui ont des objectifs différents, combattent aujourd’hui le même ennemi sous une bannière commune avec comme intention la prise du port stratégique d’Hudaydah. Malheureusement, tous ces groupes extrêmement différents donneront, un jour, amplement la place à de futurs conflits internes… Malgré les 300,000 mines terrestres (selon le Centre d’action anti-mines du Yémen) qui auraient été retiré par l’armé Yéménite, des centaines de milliers restent encore. Aujourd’hui, le déminage se concentre sur les routes et les infrastructures stratégiques, délaissant les zones civiles. L’utilisation de mines antipersonnel et d’engins explosifs improvisés (IED) restent une menace croissante au Yémen et qui persistera longtemps une fois la phase actuelle du conflit achevée.Les premières victimes de cette menace cachée: les civils, tués, amputés ou mutilés à vie.
L’activité économique (et vitale) s’en voit affectée, les mines disséminées dans les pâturages ont fréquemment frappé les agriculteurs/éleveurs et leurs animaux. Deux activités qui constituent la principale source de subsistance pour de nombreuses familles des zones rurales.
Selon le rapport d’ACLED (The Armed Conflict Location & Event Data Project), fin novembre 2018 les décès liés directement au conflit depuis son début (2016) sont six fois plus élevés que le chiffre de 10,000 fréquemment cité par l’ONU.

En août 2018, les équipes de Médecins Sans Frontières ont ouvert un centre traumatologique à Mokha, pour dispenser des soins chirurgicaux d’urgence aux blessés de guerre des lignes de front de Hudaydah et de Ta’izz.
C’est la seule structure proposant une prise en charge chirurgicale aux civils dans cette région du gouvernorat de Ta’izz. Les équipes y traitent des blessés de guerre, les victimes d’accident de la route et aussi des femmes enceintes lors d’accouchements compliqués, nécessitant une intervention chirurgicale urgente. Entre aout et décembre 2018, les équipes MSF de cette structure ont pris en charge plus de 2,000 patients aux urgences et effectué plus de 1,000 interventions
chirurgicales.

* Région Tihama est la région côtière de la mer rouge à cheval sur l’Arabie saoudite
(Jizan) et le Nord du Yémen